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Planète Cinéma

Le palmarès des critiques du blog en 2007

Ils ont moins de 20 ans. Ils ont vu en séance scolaire un des films projetés au dernier Festival international de films de Fribourg (18-25 mars 2007). Quelques-uns ont relevé le défi de rédiger une critique pour ce blog, qui faisait l'objet d'un concours. Voici les résultats complets. 

Le jury s’est réuni le 11 mai 2007 à Fribourg. Composé de Pierre-Alain Rolle, Farida Khali (Planète Cinéma) et Christian Georges (CIIP), il a examiné 15 contributions en retenant plusieurs critères : (qualité de la rédaction, expression, distance critique, défense d’un point de vue, attention portée à la dimension purement cinématographique…). Le jury a décidé d’attribuer son grand prix à David Mauron (Classe 2F1, Collège de Gambach) pour sa critique du film de Jorge Duran, « Proibido Proibir »

Malgré de fortes réserves exprimées d’emblée, l’auteur du texte a ensuite tenté d’analyser le film et de faire la part des choses. Usant de références insolites, il a cherché à étayer son point de vue et à aborder le film sous plusieurs angles, situant très bien l’intrigue. David Mauron remporte un iPod Shuffle mini 1Mo.

D’une manière générale, le jury a relevé le travail approfondi effectué par les élèves de la classe 2F1 du Collège de Gambach. Mention spéciale : critique du film philippin « Batad », par Lolita Sapin.

La jury a voulu saluer un travail écrit par une élève plus jeune. Spontanée, osant émettre des réserves, cette critique détaille assez fidèlement la progression de l’intrigue du film.

Tous les élèves qui ont contribué au blog par une critique seront récompensés par des billets de cinéma.

Lisez les critiques reçues et primées !

Des réactions aux critiques publiées peuvent être faites en utilisant la fonction "Commentaire".


Fribourg 2007

Affiche FR

L'Autre (El Otro)

En voyage d'affaires, un avocat découvre que son voisin de siège est mort. Il décide discrètement de lui voler son identité. Loin de Buenos Aires, cet homme qui redoute de devenir père s'enfonce dans une profusion de sensations nouvelles. Un film d'Ariel Rotter (Argentine). Grand Prix du jury au Festival de Berlin et Ours d'argent du meilleur acteur (Julio Chávez).

L'Autre (El Otro)

Divine surprise ! Le prix du jury du public a récompensé "El Otro" à Fribourg. Signe d'une exigence que l'on n'attendait pas. Dans la plupart des festivals, les "prix du public" récompensent des oeuvres politiquement correctes ou des comédies sans intérêt. Ici, tout autre chose. Le jeune Ariel Rotter prouve qu'il n'est pas nécessaire de multiplier les rebondissements pour captiver le public et sonder l'âme humaine. A travers le périple du personnage principal du film, puis son temps d'arrêt - de vacance ! - , c'est notre dispersion dans une foule d'activités que le réalisateur interroge. A quoi occupons-nous notre temps ? Quelles priorités mettons-nous ? En quelques plans, tout est dit du rapport à un père vieillissant : la tendresse, l'agacement, la peur de lui ressembler un jour. Tout se devine de l'anxiété du personnage face à l'imminence de la paternité : la terreur de passer de l'autre côté, dans le clan des "vieux", ceux qui ont besoin de lunettes pour lire, qui perdent leurs cheveux et qui regarderont avec envie des ados prendre un bain innocent sous les arbres...

Christian Georges


Batad

Ag-ap est un adolescent qui vit aux Philippines. Son village de Batad est juché dans la montagne, entouré de rizières en terrasses. Son père parti, Ag-ap devient le seul membre de sa famille capable de payer le riz, l’école ou les médicaments. Pour aider les siens Ag-ap bosse dur, et s’accroche à son rêve : s’acheter de belles chaussures de sport. Un film de Benji Garcia (Philippines).

Batad

La critique de Lolita Sapin :

Je suis allée voir le film "Batad" avec mon école, mais je ne l'ai pas trouvé extraordinaire. Voici MES raisons:
Premièrement, je trouve que l'histoire en elle-même est assez basique. Le personnage principal à une vie heureuse jusqu'au jour où un élément pertubateur, les chaussures, se glisse dans son existence. De là naîtra toutes sortes de problème qui ne serait jamais venues sans ça. Puis, comme par miracle, les chaussures disparaissent et tout redevient comme avant, même mieux (le héros se réconcillie avec son père, il se trouve une petite amie...)

Deuxièment, durant une bonne partie du film, on voit le personnage principal travailler. Il travaille... C'est tout ou presque. Les scènes le montre successivement en train de faire différents métiers sans qu'il n'y ait plus d'action, de suspens, de sentiment. Cela manque ( encore une fois, c'est MON avis ).

Troisièmement, bien que le film nous montre très bien les paysages magnifiques et nous fait écouter les musiques du pays ( ce que j'ai bien aimé ), je pense qu'il aurait fallu montrer encore PLUS comment les gens de là-bas vivent, leurs coutumes, etc...

Voilà mes raisons, mais je le répète encore une fois, c'est MON avis!


Beur blanc rouge

Tout Paris attend le match France – Algérie. Une bande de copains, moitié français, moitié algériens, s’échauffent à coup de drapeaux et de klaxons. Le plus extrême est Brahim, qui n’a jamais mis les pieds en Algérie et ne parle pas l’arabe. Mouloud essaie de le calmer et lui conseille de trouver un boulot. Le soir du match Brahim pète un câble. Un film de Mahmoud Zemmouri (France).

beurblancrouge1

La critique de Nadia Razban (CO de Pérolles, 2ème année)
J’ai été très touché par le personnage de Brahim, étant moi-même bi-nationale, il m’arrive aussi (comme lui) de me perdre un peu dans mes racines…
Mais ce n’est pas que ça qui m’a beaucoup frappé dans ce film, c’est surtout
la petite touche d’humour qui rend le film très attachant ! Et l’histoire est tellement passionnante qu’on ne s’ennuie pas du tout ! Ce que j’ai aussi beaucoup aimé, c’est la partie où la grand-mère de Brahim meurt…C’était vraiment trop triste (à vrai dire j’ai failli pleurer)…Et en plus pendant ce temps Brahim s’est fait arrêter…Quand j’y pense ça fait beaucoup de choses en très peu de temps !
L’histoire s’est complètement bouleversée à ce moment précis…mais je trouve que l’expulsion était quand même un peu sévère, dommage qu’il n’y a pas eu de suite, j’aurai bien voulu savoir si Brahim allait se marier ! Et faut
avouer que les mariages Algériens sont très différents des nôtres, j’aurais
bien voulu voir ça.

Enfin bon, je vais conclure sur cette phrase : merci de nous avoir permis de
voir ce superbe film ! Il restera graver à jamais dans mes souvenirs et VIVE
LE FESTIVAL DU FILM !!!

La critique de Joël Lienhard (CO de Pérolles, Classe 3A)

Ce film était très bien car il montre la vie des Algériens qui n'est pas tous les jours facile comme par exemple l'épicier avec les Algériens qui les prend pour des voyous juste parce qu'ils sont contre un poteau en face de sa boutique. Ou bien aussi la remarque du policier à l'aéroport, comme quoi ils n'étaient pas Français et il n'a pas contrôlé leurs passeports pour l'allée mais que ça sera autre chose pour le retour! Le nain met aussi une petite touche d'humour dans ce film pour un peu nous aérer l'esprit de ces problèmes et de nous faire rire! Je ne suis pas Algérien mais ce film m'a beaucoup plu et est un très bon film qui essaie de faire prendre conscience aux gens ! Voilà!

Sweeping Addis

Des femmes encagoulées balaient les rues mouillées d'Addis Abeba, une ville de quatre millions d'habitants. À l'aide de foulards et de chapeaux, elles se protègent de la poussière et de la saleté. Ces femmes sont reconnaissantes de leur travail, garantie de leur existence et de celle de leurs enfants. La ville, affirment-elles, est devenue plus belle depuis l'intervention des balayeuses. Ce film dévoile les visages fiers de ces femmes, leur humour, leurs soucis et leurs besoins. Un film de Corinne Kuenzli (Suisse).


Grbavica - Sarajevo mon amour

Dans le Sarajevo d’aujourd’hui, Esma élève seule sa fille de 12 ans, Sara. Elles vivent dans le quartier populaire de Grbavica, dans lequel les milices serbes ont torturé la population civile pendant la guerre. Comme Sara souhaite partir en voyage avec sa classe, Esma accepte de devenir serveuse dans une boîte de nuit mal famée. L’ado est à la fois rebelle et proche de sa mère. Elle est persuadée que son père, qu’elle n’a jamais connu, est mort en héros à la guerre. Cette seule pensée semble d’ailleurs pouvoir calmer ses inquiétudes. Elle se lie avec un garçon de son âge, Samir, dont le père a été tué par les tchetniks. Un film de Jasmila Zbanic (Bosnie).

Grbavica


MadeInUsa

Dans un hameau perdu des Andes, c’est la fête. Du Vendredi au Dimanche, Dieu est mort. Ses yeux sont fermés, il ne peut plus surveiller les villageois. Un étranger débarque au milieu de la fête, et ce n’est pas du goût de tout le monde. Madeinusa a été élue reine de la fête. Dans un somptueux costume de Vierge, elle défile au milieu des pétards. Un film de Claudia Llosa (Pérou).

Madeinusa

Lisez les commentaires (en espagnol) des étudiants du Gymnase du Neufeld sur le lien suivant :

http://www.gymneufeld.edube.ch/typo3/index.php?id=796

 


Proibido proibir

L’avenir leur appartient: Paolo étudie la médecine, Leon la sociologie et Leticia l’architecture. Ils sont jeunes et intelligents: seul l’argent leur manque. L'intrépide Paolo se rapproche d’une patiente, Rosalia, qui lutte seule contre sa leucémie. Les trois décident de l’aider et rendent visite à ses fils dans une favela de Rio. C’est la fin de leurs rêves: ils tombent dans un cercle vicieux de violence et de corruption. Un film de Jorge Durán (Brésil).

Proibido proibir

Une critique d'Amy Kieu-Mi Nguyen (Collège de Gambach) :

C'est bien là une fiction survoltée et déstabilisante. Paolo, Léon et Leticia sont trois jeunes gens ordinaires à première vue mais qui vont découvrir l'amour, la drogue et beaucoup d'autres choses à travers les évènements perturbants qu'ils vont devoir affronter sans pouvoir compter sur l'aide d'aucun adulte. Dans cette gigantesque ville qui se prénomme Rio, ils vont s'interroger sur le sens de la vérité et du rêve qui n'est parfois pas facile à admettre et à comprendre.

La luminosité, l'intensité, les ombres, les formes sont dissoutes d'une façon stylisée, laissant échapper quelques onces de l'âme des êtres humains.

Ce film est une leçon d'humanité pour tous les individualistes que nous sommes parfois...pour être moins indifférents envers ce qui nous entoure. Souvent, il ne suffit que de tendre une main, une seule pour venir en aide à notre prochain mais nous le faisons pas car nous sommes devenus aveugles de cette peine que subit le monde à cause du fait que notre emprunt de la passivité.

Charles Dickens a dit un jour, les plus jolies choses du monde ne sont que des ombres.

En conclusion, ce fut une merveilleuse et bouleversante leçon de vie...

Une critique d'Emilien Girard, Collège de Gambach

Ce film traite très bien le problème de la drogue au Brésil. Il est représenté et joué magnifiquement par les comédiens. La drogue fait partie intégrante de la vie de Paulo qui l’utilise pour oublier ses soucis et son stress, ainsi que pour se «shooter ». C’est sur ce fond que le réalisateur Jorge Duran a voulu démontrer ce problème vicieux très présent en Amérique du Sud. Nous voyons que, pendant la première partie du film, la drogue n’a que très peu de conséquences et d’incidences sur sa vie sociale et professionnelle. En revanche, au fur et à mesure que le film avance, la constatation est totalement autre. En effet, Paulo n’est plus le même, il perd ses moyens, ses amis s’inquiètent et le lui font remarquer. Chez Rosalina, par contre, la drogue ne fait pas le même effet. Cette vieille femme atteinte d’une leucémie, qui doit subir un traitement chimiothérapique long et dur, n’a pas la même image de la drogue. Elle est pour elle source de délivrance, comme Paulo d’ailleurs, mais n’a pas les mêmes conséquences sur sa vie. Le réalisateur du film a su montrer avec intelligence les usages différents de la drogue à travers ces deux portraits.

La critique de Lauren Meuwly (classe 2F1, Collège de Gambach) :

« Proibido proibir », film brésilien réalisé par Jorge Durán, est une œuvre basée sur des faits réels, se passant dans la ville de Rio, où trois étudiants se retrouvent confrontés à la misère des habitants vivant dans les « favelas ». L’histoire plutôt tragique, nous fait suivre le parcours physique, et surtout spirituel, qu’effectuent Leticia, Paolo et Léon. Une relation partagée entre amour et amitié se créée progressivement autour des trois personnages à mesure que les événements se poursuivent. Cet élément joliment introduit dans l'histoire, apporte à ce long métrage d'une dure réalité, une touche d'amour et de chaleur de laquelle nous êtres humains, ne pouvons nous séparer.

Mais il est à noter que les changements de scène étaient parfois brutaux et sans intérêt profond. La fin, elle, relate bien la situation actuelle au Brésil mais ne donne malheureusement aucun espoir aux spectateurs qui eux, ressortent des salles obscures, complètement abattus !

Je vous conseille donc de regarder au moins une fois, mais pas deux (un visionnage multiple risquerait d’entraîner une dépression !) ce film pour son côté informatif à propos des problèmes gravissimes qui se passent actuellement dans notre monde.

La critique de David Mauron (Classe 2F1, Collège de Gambach) :

Le scénario du film est plutôt moyen, il n’y a pas vraiment un bon début et une bonne fin. C’est juste un zoom d’un moment de leur vie. La narration prête parfois à confusion, on ne voit pas réellement ce que les personnages veulent ou vont faire. Le bon côté serait l’éclairage sur les problèmes de corruption, le réalisateur cherche à démontrer une réalité, même si celle-ci n’est pas des plus heureuses (ton dogmatique). Il n’y a des fois pas mieux que le cinéma pour nous rendre compte des problèmes aux antipodes. Les décors sont par ailleurs très beaux, comme la vue sur la mer, les montagnes vertement boisées ou encore la vie urbaine.

Du point de vue de l’interprétation, les personnages jouaient bien, mais ils avaient tendance à sur jouer ; cas typique dans la télévision sud-américaine, comme les telenovelas. On pourrait reprocher à l’histoire le triangle amoureux que l’on a déjà vu des centaines de fois dans des séries, films ou livres, comme « Dawson », « Sabrina », « Huis clos » (Sartre), « la petite tailleuse chinoise » (Dai Sijie) etc. Dans le film, les relations (souvent compliquées) à trois, comprennent une jeune fille, Leticia (étudiante en architecture) et deux garçons, Paolo (interne en médecine) et Leon (étudiant en sociologie).

Au début du film, Leon sort avec Leticia. En avançant dans l’histoire et à travers les péripéties pour sauver un jeune garçon de la corruption, Leon tombe lui aussi dans le filet des policiers pourris, pendant que Leticia et Paolo se rapprochent. Paolo aide aussi la mère mourante du garçon en essayant de faire venir son fils à l’hôpital, mais vu les problèmes que celui-ci encoure, il tombe lui aussi dans les griffes des policiers. A la fin, Leon découvre la relation de son meilleur ami et sa copine, mais il l’accepte à contrecœur et ceux-ci lui font comprendre qu’ils ne l’abandonneront toutefois pas. Ce sont ces sentiments là et cette forte amitié que j’ai bien appréciés dans ce film brésilien.

Jorge Duran (au centre), entouré par quelques élèves et un enseignant du Gymnase de la Broye, lundi 19 mars. Cinéma Apollo, Payerne (Photo Georges)

"Les jeunes d'aujourd'hui ne sont pas différents de ceux des années 60. Ils ont aussi l'envie de changer les choses", a lancé le réalisateur Jorge Duran, devant les 180 élèves du Gymnase de la Broye qui ont assisté à la projection de "Proibido proibir", lundi 19 mars à Payerne.

Jorge Duran a évoqué son parcours : après le coup d'Etat au Chili, au début des années 1970, il est brièvement emprisonné ("mais pas torturé"). On lui fait comprendre que son intérêt pour la gauche radicale n'est pas d'actualité. Il gagne le Brésil, où il rejoint sa femme et sa petite fille. Il se fait un nom comme scénariste : "Pixote, la loi du plus faible" (1981), c'est lui! Duran a mis 20 ans à réunir les fonds pour réaliser "Proibido proibir". Finalement, il a trouvé 350.000 dollars, en grande partie grâce au premier prix d'un concours de scénarios. Il a tourné le film en 5 semaines à Rio, par 40 degrés. Les techniciens ont tous accepté de baisser leurs salaires. Le casting comprend des acteurs connus (l'étudiant noir avait déjà joué dans "La Cité de Dieu").

"Le Brésil est une société fortement divisée. Une infime minorité possède des fortunes immenses. Une petite classe moyenne a de quoi mener une vie correcte. Et l'immense majorité vit dans la précarité ou la misère", dit Duran, qui attend avec anxiété la sortie du film au Brésil, le 27 avril prochain. Non, répond-il à la question d'un élève, il n'a pas subi de pressions pour atténuer la violence et la corruption policière, une réalité endémique selon lui. "Si un gosse de la classe moyenne est tué quelque part, cela fait un scandale dans les médias. Si 8 ou 10 jeunes des favelas sont assassinés en une journée, personne n'en saura jamais rien".

Par le final, Duran a voulu montrer une chose limpide : "Séparés les uns des autres, les jeunes sont désemparés. Unis et solidaires, c'est une autre histoire". Le décor choisi (une plateforme panoramique de béton, majestueuse et délabrée) ne l'a pas été par hasard : "C'est pour moi un symbole assez fort de ce qu'est le Brésil".

Christian Georges

De retour au Brésil, Jorge Durán a envoyé le message suivant aux organisateurs de Planète Cinéma :

"Je n'ai pas eu l'occasion de dire au revoir aux merveilleux amis qui font ce festival.

J'espère que le travail que vous faites avec les étudiants autour du cinéma progresse et grandit chaque année.

Pour moi, c'était merveilleux d'entendre ces jeunes exprimer un sincère intérêt, non seulement pour le film qu'ils avaient vu, mais aussi pour le monde dans lequel ils vivent.

Cette expérience m'a fait comprendre un peu mieux ma profession et les raisons pour lesquelles j'ai choisi d'être scénariste et - quand c'est possible - metteur en scène". 

Sous le titre "Interdit d'interdire", le film de Jorge Duran est sorti en France le 10 octobre 2007. Voici la critique qu'en fait Télérama : 

Histoire de trois amis. Leon, Leticia et Paolo sont en fac à Rio de Janeiro. Sociologie, ­architecture, médecine, chacun a sa spécialité, et la vie s'écoule, une vie d'étudiants, joyeuse et ordinaire. On révise, on picole, on refait le monde... Paolo, le carabin fêtard et désinvolte, s'éprend peu à peu malgré lui de Leticia, qui couche avec Leon. Mais le triangle amoureux, si finement décrit soit-il, n'est pas le centre de ce film très attachant.

A travers ses doux héros, liés par un indéfinissable mais ­solide amour, le réalisateur, Jorge Durán (le coscénariste de Pixote, La loi du plus faible, de Hector Babenco), raconte Rio et ses clivages sociaux. ­Paolo, qui s'est attaché à l'une des patientes de l'hôpital où il fait ses classes, entraîne en effet ses amis dans un éprouvant voyage au coeur de la misère violente des favelas, à la recher­che de la famille de cette femme.

Tout, ici, sonne juste : l'énergie, la bonne volonté, l'impuissance et la naïveté de ces jeunes bourgeois, en terre inconnue dans leur propre ville. Peu à peu, sans démontrer ni juger, le film dessine une carte profondément mélancolique des inégalités. L'espoir n'est pas absent, juste figé dans une attente pensive, suspendue, comme ces bâtiments de béton superbement filmés, promesses de progrès oubliées dans les herbes folles.

Cécile Mury

Télérama, samedi 13 octobre 2007


Un garçon nommé Twist

Dans cette interprétation d’Oliver Twist de Dickens, le protagoniste grandit dans un orphelinat rural après le décès de sa mère. Envoyé travailler dans une ferme du Cap-Ouest, il s’enfuit pour Le Cap, ou il intègre une bande de jeunes pickpockets. Un jour, Twist se fait prendre en flagrant délit de vol, ce qui déclenche des événements inattendus. Un film de Tim Greene (Afrique du Sud).

Twist

La critique de Vidisha Delbart, 19 ans, (Collège du Sud) :

Un film au cœur d’une actualité généralement négligée ; les enfants des rues et leur survie dans un monde, emprunt de douleur surtout, ne faisant place, qu’à peu de joie.

Traité avec réalité, et surtout émotion, le film nous plonge dans un univers particulièrement sombre, où vols, trafics,… font partis de leurs existences.

Cependant, gardant courage et espoir, ils surmontent, tout ou presque, des difficultés quotidiennes.

De plus, c’est une occasion de contempler, une région peu connue, pour nous occidentaux, qui n’admirons trop souvent que l’aspect jovial des lieux, avec ses paysages fantastiques.

Nous oublions, que derrière les pages sur papier glacé des revues de voyage, il y a la vraie vie, celle des gens pauvres et ici, des enfants abandonnés, luttant pour survivre.

L’histoire nous prend du début à la fin, et nous amène de surprise en surprise, là où ne nous y attendions pas.

Par exemple, quand Twist va être condamné pour vol, l’accusateur ne porte plainte, se portant garant pour l’accueillir chez lui. Beau modèle de compassion pour cet enfant victime de sa condition.

Si, nous avions plus de films internationaux, cela nous permettrait de découvrir d’autres cultures à travers le voyage…cinématographique, qui est un excellent moyen de faire passer des aspects peu connus, de la société.

La critique d'Angèle Décrind (classe 2F1) :

Ce film relate la vie d’Oliver Twist de nos jours dans la ville du Cap. Le réalisateur a brillement réussi à adapter la vraie histoire d’Oliver Twist ,enfant des rues de Londres dans les années 1850, ( histoire publiée en 1837 écrite par Charles Dickens) à la situation actuelle des enfants des rues du Cap.

A 11 ans seulement l’avenir de Twist , jeune orphelin exploité, semble noire. Il s’enfuit de chez un patron violent en espérant trouver mieux ailleurs en vain . Il se rend donc en ville. Twist est recuilli complètement affamé par Fagin et sa bande d’enfants des rues. A ce moment commence pour Twist une vie de débauche réglée pas les vices de la rue actuelle tel que la drogue, l’alcool, le vol et la prostitution. Tous ces thèmes sont abordés très justement grâce à l'interprétation touchante des acteurs. Les différents rôles des enfants sont interprétés par de vrais enfants des rues. Ce qui donne une réalitée au film .

Le fait que ce film ait été tourné avec des enfants sensibilise plus les spectateurs aux problèmes dans ce pays. Le cas de Twist n’est malheureusement pas isolé. La loi des grandes villes poussent ces enfants à la délinquance. Les adultes n'arrangent rien à celà , au contraire ils intensifient le trafic d'êtres humains .

En résumé ce film est touchant. Petit point négatif sa fin un peu trop « Hollywoodienne ».

La critique de Cindy Pasquier, du Collège Saint-Michel :

Pas loin juste ailleurs !

L’interprétation de Tim Greene a retenu mon attention du début à la fin. En effet, dès les premiers instants, l’émotion remonte et une larme peut facilement couler au coin de l’œil.

Certains rêves sont cauchemards. Mais l’espoir reste le plus fort. Ce long métrage nous emporte avec lui si je puis dire ainsi.

Je sais que la vie en Afrique n’est pas simple. Le film l’a fait ressentir. Il nous montre également que l’argent joue un rôle important dans notre société actuelle.

Il est difficile de comprendre comment ces jeunes peuvent être si heureux avec de simples choses que la vie nous offre, ici en Suisse, tous les jours. La nourriture ne nous cause pas de difficulté. Alors qu’avec un simple bout de pain, ils sont fous de joie.

En contrepartie, je pense que le vol n’est pas la solution et c’est un fait qui est difficile de comprendre. Savent-ils pourquoi ils volent étant donné que ce n’est pas de la nourriture ? Ils volent des objets de valeur. Mais pourquoi ? Pourquoi ne volent-ils pas de la nourriture excepté quelques fois ?

Ici le vol, a « sauvé » Twist.

Les paroles de la juge m’ont touchées. Pour elle, un enfant contre qui une plainte est déposée est un enfant sauvé alors que pour l’enfant c’est comme une privatisation de liberté être enfermé dans un institut même si l’on s’occupe de lui. Faut-il encore voir comment on s’en occupe.

On ressent également beaucoup de solidarité entre ces jeunes enfants. Il est vrai que parfois il y a de la jalousie ce qui reste normal dirais-je.

Le fait que ce soit un garçon africain montre que c’est une histoire vraie et en continue pour les enfants d’Afrique en général !

C’est une interprétation qui fait réfléchir et qui ne nous emmène pas loin mais juste ailleurs. Les Africains ne voyagent pas mais déménagent.

La critique de Mylène Santschi, (Collège de Gambach) :

Afrique du sud, de nos jours, un pays décimé par la pauvreté, le SIDA et la délinquance, l’histoire d’un enfant des rues, laissé dès sa naissance devant les portes d’un orphelinat, sont le « où », le « quand » et le « qui » d’un film plein de sensibilité et de vérité. Adaptation du livre de Charles Dickens, Oliver Twist, Tom Green le réalisateur a su au travers de ce long métrage nous sensibiliser sur la difficulté de vie des jeunes noirs dans les rues de Cape Town. En effet, cette ville est très peu différente du Londres du XVIII siècles, avec ses voleurs, ses mendiants et ses malades. Le fait que les acteurs soient de vrais enfants des rues apportent davantage de réalisme à l’histoire. Le public vit, espère et souffre avec eux, en réalisant enfin que le monde d’aujourd’hui à ses défauts. Ce film est placé sous le signe de l’espoir et du courage. Ce sont pour ses raisons que le spectateur a tendance a verser une larme de tristesse ou de joie, à la fin de ce chef d’œuvre cinématographique qui nous a fait vibrer jusqu’à la fin.

La critique de Latifi Neridon (Classe 2F1, Collège de Gambach) :

Ce petit garçon orphelin d'une mère décédée et d'un père inconnu, même si l'on soupçonne l'homme possédant la BMW noire de l'être, se fait acheter par le plus offrant comme une vulgaire marchandise. L'incompréhension dans laquelle nous laisse le réalisateur à propos de l'identité du père, nous plonge dans une désagréable énigme. Ce petit garçon, obligé de fuir au nom de sa liberté, se voit obligé d'apprend les dures règles de la rue. Pour cela, il se fait aider par des autres enfants abandonnés, comme lui, et mis à l'écart par la société. Le réalisateur nous expose une vérité de tout les jours que nous ne connaissant pas ou que nous ne voulons pas connaître. Pour certains, cette magnifique histoire pousse à agir et pour d'autres, cela reste malheureusement qu'un film et rien d'autre.

La critique de Nadine Bertschi (Classe 2F1, Collège de Gambach) :

Un petit orphelin accueillit dans une famille dans laquelle il est maltraité, puis rapatrié par un groupe d’enfants voleurs et enfin bien accueillit par un homme généreux, telle est l’histoire d’Oliver Twist en quelques mots. Déjà un autre film sous le nom d’ «Oliver Twist » a relaté l’histoire du fameux roman de Charles Dickens. Ayant déjà vu le film « Oliver Twist », un film qui m’a beaucoup touchée, je peux dire que « A Boy called Twist » est d’autant plus touchant. Peut-être le fait de remettre cette histoire au jour d’aujourd’hui et le fait que cette histoire n’est pas uniquement une fiction mais une réalité qui se passe encore de nos jours, permet au spectateur de se sentir plus proche des personnages en particulier Twist.

Côté acteurs, ils ont été très bien choisit, en particulier le petit garçon qui incarne le rôle d’Oliver Twist. Son regard innocent et triste correspondait parfaitement à son personnage.

Les autres acteurs jouaient très bien leur rôle, cependant au premier coup d’œil nous pouvions deviner s’ils étaient bons ou méchants.

La critique de Daniel Wenger (Classe 2F1, Collège de Gambach) :

Le méandre de la vie n'emprunte que très rarement le tracé espéré, cependant il suffit parfois d'une lueur d'espoir afin de combler d'une intense lumière l'intégralité d'un coeur obscurci par la souffrance et la misère d'un enfant soumis aux lois de l'adulte.

Voilà comment le rythme de la vie et du coeur d'un enfant sud-africain de onze ans bat dans un pays que l'on conçoit bien souvent aux antipodes de la vérité.

Ce film d'excellente facture démontre les failles de la société sud-africaine de nos jours. Le scénario est habilement tiré du roman « Oliver Twist » de Charles Dickens et réactualisé pour montrer au monde la cruauté infligée au enfants dans certaines de nos contrées.

La mise en scène quant à elle est parfaitement adaptée à la société du XXIème siècle, notamment le profit issu du travail des enfants qui y est admirablement représenté.

L'interprétation est très bien réalisée et les acteurs correspondent exactement aux attentes du public notamment Jarrid Geduld dans le rôle du jeune Twist.

Malheureusement le dénouement du film se limite à une fiction de la réalité actuelle, puisque contrairement à la triste vérité de ce monde, le réseau machiavélique dans lequel Twist est retenu prisonnier est démantelé, ce qui n'est que rarement le cas de nos jours.

Nous pouvons donc en conclure que la réalisation du film « A boy called Twist » est forte appréciable, cependant bien que respectant la légende d'Oliver Twist, le film se termine sur une once d'optimisme.

La critique de Pauline Hayoz (Classe 2F1, Collège de Gambach) :

Travail des enfants (voir Esclavage), maltraitance et drogue font parti du quotidien des enfants des rues. Ces enfants livrés à eux-mêmes se battent pour survivre dans la jungle qu’est la vie. Twist, orphelin de onze ans, se voit « trimballer » d’employeurs en employeurs (pour ne pas dire bourreaux) tous plus malhonnêtes et brutaux les uns que les autres. Jusqu’au jour où, il s’enfuit pour rejoindre la ville. Arrivé à destination, il apprend les règles de survie de la rue « grâce » à Fagin, son « employeur-logeur »…

Ce film riche en rebondissements, nous arrache des larmes de colère face à la misère dans laquelle évoluent ces enfants. Et si c’était nous ? Voila la question que nous nous posons. Le réalisateur nous peint la vie, sans nous ménager, telle qu’on la trouve dans un pays comme l’Afrique. La fin quelque peu « Hollywoodienne »(Twist sauvé des griffes des malfrats puis rattrapé de sa chute …)nous permet de nous remettre de nos émotions et de reprendre notre souffle.